Tshuapa/le Chef de la Division provinciale de la Santé suspendu à titre préventif, des accusations de mauvaise gouvernance financière au cœur de la procédure
Le Gouverneur de la province de la Tshuapa a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre du Chef de la Division provinciale de la Santé , Dr Francis Baelongandi Folo, assortie d’une suspension préventive de ses fonctions.
Selon le procès-verbal d’ouverture de l’action disciplinaire signé le 23 juin 2026 à Boende, plusieurs griefs sont retenus contre le responsable provincial de la santé.
Les autorités provinciales lui reprochent notamment une opacité et un manque de transparence dans la gestion des fonds liés à plusieurs campagnes de santé publique, notamment la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées (MILD), la campagne de vaccination contre la rougeole-rubéole et la poliomyélite, ainsi que la deuxième phase de la campagne contre la poliomyélite (nVPO2).
Le dossier disciplinaire évoque également des retenues présumées de 25 % sur les perdiems des prestataires dans les douze zones de santé de la province. Selon le Gouvernorat, cette situation aurait provoqué des mouvements de contestation ayant conduit à la fermeture temporaire de plusieurs bureaux centraux des zones de santé, notamment à Djolu, Boende, Bokungu et Lingomo, avec un impact négatif sur les activités de vaccination.
Parmi les autres faits reprochés figure un message téléphonique qui aurait été adressé à un Médecin Chef de Zone, lui demandant de reverser une partie des fonds destinés aux activités de vaccination. Les autorités considèrent cet élément comme une pièce figurant dans le dossier disciplinaire.
Le Gouverneur reproche en outre au Chef de Division provinciae une insubordination administrative, l’accusant d’avoir procédé à des affectations d’agents sans respecter les compétences de l’autorité provinciale.
Au regard de ces éléments, un arrêté provincial a décidé de la suspension préventive du Dr Francis Baelongandi Folo, en attendant l’issue de la procédure disciplinaire. L’intéressé dispose d’un délai de vingt jours pour présenter ses observations écrites conformément aux dispositions applicables.
Une situation qui rappelle les conclusions de l’audit de la DPS Tshopo
Cette décision intervient alors qu’un audit HACT commandité par l’UNICEF et réalisé par le cabinet Grant Thornton a récemment mis en évidence d’importantes irrégularités dans la gestion financière de la Division provinciale de la Santé de la Tshopo.
Ce rapport relève notamment des dépenses jugées inéligibles, des insuffisances majeures dans le système comptable, des pièces justificatives indisponibles pour plusieurs centaines de milliers de dollars ainsi que plusieurs faiblesses du contrôle interne. Les auditeurs ont estimé que ces éléments ne permettaient pas de garantir la fiabilité des informations financières présentées.
À la différence de la Tshuapa, où les autorités provinciales ont rapidement ouvert une procédure disciplinaire et suspendu le responsable concerné, aucune mesure publique comparable n’a, à ce stade, été annoncée dans la Tshopo à la suite des conclusions de cet audit.
Cette différence de traitement soulève une interrogation légitime : pourquoi les conclusions d’un audit aussi critique dans la Tshopo n’ont-elles, jusqu’à présent, donné lieu à aucune réaction officielle connue ou à l’ouverture d’une procédure similaire ?
Cette question mérite d’être posée dans un souci de transparence et de bonne gouvernance, tout en rappelant que toute éventuelle responsabilité ne peut être établie qu’à l’issue des procédures administratives ou judiciaires prévues par la loi, pense un juriste de Kisangani.
Rédaction
























