Tshopo/Démission exigée à la coordination Mwarabu, un mémo adressé au Chef de l’État à travers le Gouverneur Paulin Lengondolia
La communauté des victimes des guerres de Kisangani a exigé mardi la démission de la coordination de Frivao et l’ouverture d’une enquête sur la gestion du processus d’indemnisation, dans un mémorandum adressé au Président de la République et déposé au gouvernorat de la Tshopo au nord-est de la République Démocratique du Congo, a constaté l’ACP.
« Au nom de la communauté des victimes, nous réclamons la poursuite immédiate du processus d’indemnisation et exigeons la démission de la coordination de Monseigneur Mwarabu, ainsi que l’ouverture d’une enquête sur son ingérence dans la gestion de Frivao », ont déclaré les signataires du mémorandum lu par M Guillaume Badibanga, victime.
Réagissant à la démarche des victimes, le Gouverneur de la Tshopo Paulin Lendongolia a assuré de la transmission fidèle du mémorandum au Chef de l’État, tout en appelant la communauté à préserver la paix et à faire preuve de patience pendant l’examen national du dossier d’indemnisation. « J’ai reçu votre mémorandum que je transmettrai fidèlement à Son Excellence Monsieur le Président de la République son excellence Félix Antoine Tshisekedi. J’en appelle au calme, à la responsabilité et à la patience des victimes, afin que la paix soit préservée à Kisangani pendant que les autorités compétentes examinent vos revendications », a-t-il martelé
Les victimes dénoncent dans leur document une gestion contestée du processus d’indemnisation par la coordination de Frivao, notamment l’usage présumé des fonds destinés aux réparations dans des opérations financières, évoquant un dépôt à terme de 50 millions USD. « Nous dénonçons l’injection des fonds de Frivao destinés aux victimes dans des commerces et placements financiers, notamment un dépôt à terme de 50 millions USD à la Rawbank, alors que les victimes attendent réparation depuis plus de deux décennies », ont-elles affirmé.
Elles mettent également en cause la fiabilité de certaines listes, citant 603 personnes non auditionnées par la commission ad hoc et dépourvues de preuves, tout en s’opposant à toute délocalisation du siège de Frivao de Kisangani vers Kinshasa. « Nous rejetons toute augmentation artificielle des victimes certifiées et disons non à la délocalisation du siège de Frivao à Kinshasa, en violation du décret du 13 décembre 2019 », conclut le mémorandum.
Selon le gouvernorat, le mémorandum, déposé pour transmission au Chef de l’État, sera acheminé aux instances nationales compétentes pour suite à donner, tandis que la communauté des victimes alerte sur les tensions locales liées au processus d’indemnisation et réaffirme attendre réparation plus de vingt ans après les conflits de Kisangani.
ACP/Kis/MAINDI.























